Dans cette rubrique seront rappelées les bases principales des effets dits "magnétorésistifs" en physique du solide. Le sujet sera cependant quelque peu élargi, dans le contexte : "Comportement des Électrons de Conduction soumis à des champs auxiliaires". Il ne s'agit pas d'un exposé, nec plus ultra, des connaissances sur le sujet en 1981, qui risquerait d'être encyclopédique, mais il s'agit bien de l'exposé des bases nécessaires à la compréhension des phénomènes de type "magnétorésistifs", pouvant servir de point d'appui à une réflexion orientée plus approfondie.
Décrire rigoureusement les états
possibles et le mouvement des électrons dans un solide est
hors de portée (sinon impossible). Il s'agit, en effet, d'un
problème à N corps. Déjà, il faut
voir que la notion d'électron est une notion classique, ainsi
que celle de son mouvement sous l'effet d'une force. "La limite
classique" de la Théorie Quantique des Solides (qui fait
intervenir seulement des fonctions d'onde électroniques et qui
conduit à la notion d'états électroniques)
permet, si l'on veut, d'individualiser le mouvement d'un électron ;
dans cette "limite" aussi, l'électron est représenté
par un "paquet d'ondes" centré sur un vecteur d'onde
,
relatif à cet électron.
Cependant, une description par un modèle
("corrigeable") d'électrons libres constitue une
approximation assez réaliste, qui introduit facilement la
théorie des bandes et la notion de surface de FERMI
("discontinuité" dans la densité d'occupation
des états d'énergie
).
Les propriétés électroniques de transport, qui nous intéressent, en dépendent grandement.
Une action extérieure perturbe la fonction f
des électrons qui dévie de l'équilibre
thermique. Si
est le vecteur d'onde électronique, la distribution f
satisfait l'équation cinétique de BOLTZMANN, soit (en
notations usuelles) :
Il ne s'agit pas, ici, pour nous, de "discuter" cette équation, mais d'en extraire les implications physiques traditionnelles. Elles peuvent permettre d'envisager, au moins a priori, l'existence possible de comportements électroniques inhabituels, même si les préciser, pour l'instant, semble précisément difficile et plutôt très intéressant. Quelques rapides explications sur les termes I, II, III et IV :
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Terme I |
Prise en compte de la dépendance explicite de f en fonction du temps, si l'action extérieure en dépend. |
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Terme II |
Inhomogénéité de la distribution perturbée. |
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Terme III |
Effet de la force
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Terme IV |
Effet des collisions ramenant la distribution f0
(à l'équilibre), avec une constante de temps
|
Rappelons maintenant rapidement les "consignes" appliquées dans les cas "habituels ":
.Alors, on peut résoudre l'équation,
trouver f, admettre que la surface de FERMI est "rigide"
et simplement déplacée globalement du delta de vecteur
d'onde :
.
Mais, il y a des remarques importantes à
faire sur l'intensité des forces appliquées et
sur le temps de relaxation
:
En effet, il est supposé (terme IV) que
l'effet des collisions peut effectivement s'exprimer à l'aide
d'un temps de relaxation. C'est dire que le retour à
l'équilibre de f perturbée se fait suivant une
loi exponentielle de constante de temps
:
Ce temps de relaxation dépend en fait, des
forces appliquées. Il dépend aussi, en toute
généralité, de l'énergie
et du vecteur d'onde
de l'électron.
Les collisions, que subit l'électron, ont lieu, en général, dans un cristal ou un solide qui est déformé, impur et soumis à des vibrations thermiques. Elles se produisent sur des dislocations, sur des impuretés, sur des phonons, contre les autres électrons, et aussi contre les parois de l'échantillon, où il peut y avoir des réflexions spéculaires (surfaces atomiquement plates, cas des couches minces) ou diffuses (métaux normaux).
C'est ainsi, seulement dans la limite ou les forces
sont faibles, et que l'on est dans le cas de "réponse
linéaire", que l'on peut admettre que les temps de
relaxation ne dépendent pas de l'intensité de ces
forces, mais seulement de leur direction. Et, là,
on peut définir un temps de relaxation moyen
"integré sur toute une "trajectoire "",
qui est le temps au bout duquel l'électron ne possède
plus qu'une fraction de l'énergie 1/e (e, ici :
nombre de base des logarithmes népériens) de l'énergie
qu'il aurait en absence de collisions.
D'autre part la condition d'isotropie pour
peut ne pas être vérifiée dans la réalité
courante (ceci doit être pris dans le cas de couches minces
métalliques).
En surplus, si, dans une échelle de temps
comparable à
,
la force F n'est plus constante, c'est à dire si cette
force varie notablement pendant cet intervalle de temps
(domaine des Ultra-Hautes-Fréquences,...) les propriétés
de transport électronique peuvent se trouver très
modifiées. D'ailleurs, le déplacement "global"
de la surface de FERMI n'est plus
mais il faut prendre :
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